souffle, respiration

Souffle, respiration et activité cérébrale

Je vous propose d’explorer dans cet article quelques liens entre le souffle, la respiration et l’activité cérébrale à la lumière d’études scientifiques d’une part et du Vedanta d’autre part. (Article en construction)

« Seule la respiration est la constante entre la naissance et la mort » dit Bhagwan Shree Rajneesh. La respiration, commune à tout être vivant, a de constant d’être changeante, d’être changement et échange. Universelle d’une certaine manière, elle nous relie à la vie et, plus encore, elle EST la vie qui se déploie à travers nous jusqu’à notre dernier souffle.

S’il est habituel en occident de « localiser » sa personne, son identité plutôt au niveau cérébral (nous reviendrons sur ce point), il est dès lors intéressant d’explorer les relations, de natures différentes, qui relient la respiration – en temps que vecteur de vie, et l’activité cérébrale – en temps que siège supposé de la personnalité. Quelles sont les liens anatomiques, physiologiques ? Quelles en sont les interactions réelles ou supposées au coeur de disciplines et philosophies, dites orientales, comme le yoga, le pranayama, la méditation… ?
Confrontant la science aux découvertes yogiques et spirituelles, nous tenterons ainsi d’interroger, très modestement, la réalité d’un possible point de rencontre, où le souffle donnerait/prendrait vie.

Eric Baret nous dit que « quand le souffle perd de sa consistance, corrélativemement la pensée s’atténue, elle cesse de se surimposer à la sensorialité ».

Talmant J. a démontré que les échanges de chaleur, dont la muqueuse nasale est l’instrument, jouent indirectement un rôle de premier plan dans la thermorégulation du cerveau humain. Respirer avec le nez permettrait ainsi de « refroidir » le cerveau (tout en réchauffant l’air inhalée).
Talmant a démontré que chaque fois qu’est enregistrée une prédominance d’un hémisphère cérébral, le flux aérien prédomine dans la fosse nasale correspondant. (TALMANT J. (1993) Du rôle des fosses nasales dans la thermorégulation cérébrale. Déduction thérapeutique. Revue d’Orthop. Dento. Faciale.Tome 29 pages 39 à 41).
On pourrait s’interroger sur un possible lien avec la technique consistant à inspirer d’une narine (pour « rafraîchir » tel hémisphère cérébral) puis à expirer de l’autre…

Néanmoins, on peut se rappeler de l’image utilisée par Maharshi pour expliciter le lien entre respiration et le mental : « Le mental est le cavalier et la respiration le cheval. Le pranayama est le dressage du cheval par lequel le cavalier est dressé à son tour. « 

La respiration est donc un moyen, un outil, une pratique permettant l’accès à des niveaux plus subtils de notre Etre comme le décrit Eric Baret : « Du point de vue yogique, le travail du souffle vise à retrouver des rythmes vibratoires correspondant à des possibilités latentes. »

On peut donc utiliser la respiration comme une clée permettant d’ouvrir certaines de nos portes : « L’accent sur les différents temps – inspiration, retention, expiration –  permet de stimuler à volonté les réseaux d’énergie, et certaines portes du corps. »

Par essence la respiration nous relie à l’extérieur dans un continuum tout au long de la vie. Elle est aussi un moyen de repousser les limites perçues de notre corps et d’explorer notre ouverture dans le « qui suis-je ? » : « Du point de vue spirituel, l’accent sera mis sur le vide après l’expiration. Vide sans retour, d’où l’inspiration jaillira librement comme effluve de la conscience. La rétention sera une célébration et l’expiration une totale abdication. »

On retrouve ici le contrôle interne de la respiration, ou antah-pranayama, conseillé par Ramana Maharshi comme méthode d’investigation du soi (vichara) :

    1. na ‘ham : Je ne suis pas cela (le corps) = expiration
    2. ko ‘ham : Qui suis-je ? = Inspiration
    3. so ‘ham : Je suis Lui = Rétention

L’expiration est un véritable lâcher-prise qui ne doit pas être forcé mais accepté : « Donnez-vous à l’expiration sans la pousser… aller avec elle. Sentez que vous videz le corps de ses encombrements. C’est le connu, la mémoire que vous éliminez. Laissez le repos qui suit être un véritable lâcher-prise ».

On retrouve à de multiples niveaux dans la nature cette notion d’échange indisociable de la vie : Les échanges gazeux assistent la respiration cellulaire en lui fournissant le dioxygène et en le débarrassant du dioxyde de carbone produit lors du cycle de Krebs. Cependant, la respiration n’est pas cantonnée, au sens large, à un rejet de CO2 et/ou une absorption de O2. Dès l’instant où un organisme réalise des échanges gazeux, il respire. Par exemple, de nombreuses bactéries dites sulfatoréductrices réalisent un échange gazeux par l’assimilation d’ions sulfate et de rejet de sulfure d’hydrogène.

Inspirer c’est accepter la vie, expirer c’est accepter la mort.

Un certains nombres d’études scientifiques, essayant d’évaluer l’impact de la méditation sur le cerveau ont permis d’objectiver par imagerie médicale après des programmes de méditation des changements :
Le docteur généraliste Sara Lazar, auteur d’une étude de ce type a indiqué dans un communiqué de presse : « C’était surprenant car l’IRM a révélé que le groupe qui avait fait la thérapie basée sur la pleine conscience avait une augmentation de concentration de matière grise dans l’hippocampe gauche, le cortex cingulaire antérieur, l’articulation temporo-mandibulaire et le cervelet. Les régions du cerveau étaient impliquées dans l’apprentissage, la mémoire, la régulation des émotions, la conscience de soi et la perception des autres! »

la paix mentale

Le Dhyana – pour la paix mentale

Le dhyana est, avec le pranayama, le pratyahara et le dharana, une des pratiques pour maîtriser le mental décritent dans certains enseignements . Elle consiste, selon Ramana Marhashi, à retenir une seule pensée et à repousser toutes les autres. Tant que la diversité prédomine, dit-il, les mauvaises pensées persistent.

« Quand l’objet de l’amour prédomine, seules les bonnes pensées occupent le champ du mental. » Ramana Maharshi.

Dyana signifie aussi combat. Dès que la méditation commence, d’autres pensées surviennent. La bonne pensée doit gagner en force par une pratique répétée afin de faire fuir les autres. C’est le combat royal qui se livre au cours de toute méditation.

« Pour se débarasser de la souffrance, la paix mentale est nécessaire. » Ramana Maharshi

Le Dyana vise à repousser les autres pensées pour accéder à cette paix. « Une fois établi, il ne peut plus être abandonné ».

 

Ramana Maharshi

Le Pranayama – La respiration vue par Ramana Maharshi

Voici quelques extraits de la pensée de Ramana Maharshi à propos de la respiration et de son contrôle qui constitue la pratique du pranayama.

Maharshi propose plusieurs « méthodes » pour atteindre Cela : d’abord l’investigation de soi (atma-vichara), pour chercher la source de l’ego, la devotion, ou le contrôle de la respiration (pranayama) ou yoga-marga :

« lorsque la vie est en danger, tout l’intérêt se concentre sur un seul point, celui de la sauver. De même, si le souffle est retenu, le mental ne peut plus se permettre de bondir vers ses jouets favoris, les objets extérieurs. Par conséquent le mental se calme tant que le souffle est retenu. Tout l’attention étant tournée vers le souffle et son contrôle, les autres intérêts s’évanouissent. » 

Extrait de « L’enseignement de Ramana Maharshi » Albin Michel, Spiritualités vivantes, 2005, p73.

« La pensée (intellectuelle), d’une part, et la respiration, la circulation, les activités (végétatives), d’autre part, sont deux aspects différents d’une même fonction : la vie individuelle. Ils dépendent chacun de la vie (ou métaphoriquement, ils y résident ou en font partie intégrante). L’idée de personnalité et les autres idées y prennent leur source tout comme l’activité vitale. Si la respiration  ou toute autre activité vitale est réprimée énergiquement, la pensée l’est aussi. Inversement, si la pensée est énergiquement  ralentie et concentrée sur un seul point, l’activité vitale et la respiration se ralentit, devient égale et se limite au niveau minimum nécessaire au maintien de la vie. Dans les deux cas, la distraction mentale est supprimée temporairement.« 

Extrait de « L’enseignement de Ramana Maharshi » Albin Michel, Spiritualités vivantes, 2005, p76.

On retrouvera ce lien entre respiration et manière d’être chez Manta Chiak.

L’attention sur un point précis fait également partie des techniques de méditation tantrique rapportées par Baghwan Sree Rajnesh dans son Livre des Secrets.

Ramana Maharshi fait la distinction entre contrôle interne (antah-pranayama) et contrôle extérieur (bahih-pranayama) de la respiration. Pour contrôler  la réspiration automatiquement, l’antah-pranayama se décompose ainsi :

    1. na ‘ham : Je ne suis pas cela (le corps) = expiration
    2. ko ‘ham : Qui suis-je ? = Inspiration
    3. so ‘ham : Je suis Lui = Rétention

C’est la méthode  d’investigation du soi (vichara).

« Les trois formules sont na-ham (pas-je), ka-aham (qui-je), sa-hama (Lui-je). Supprimez les préfixes (na, ka et sa) et accrochez-vous à leur facteur commun aham, je. Voilà le point essentiel. »

Le contrôle extérieur est recommandé pour celui qui n’a pas assez de force pour maîtriser son mental. Le mental est le cavalier et la respiration le cheval.

« Le pranayama est le dressage du cheval par lequel le cavalier est dressé à son tour. »

Cette technique est efficace même à petite dose, simplement en observant sa respiration par exemple. La concentration du mental sur l’observation de la respiration  permet le contrôle de la respiration puis du mental (plus exactement cela conduit à la rétention spontanée de la respiration – kevala-kumbhaka, sans prêter attention à l’inspiration et l’expiration). Finalement le contrôle de la respiration peut se faire en d’autres occasions (contemplation,…) et être efficace. Il est même conseillé « par les anciens » de pratiquer le pranayama avant toute activité quotidienne.

Le pranayama n’est pas une finalité en soi, car le mental ne se calme que le temps de la pratique mais il permet d’accéder à des stades plus avancés du contrôle du mental, il agit comme le frein d’une voiture :

« Le contrôle de la respiration n’est qu’une aide pour plonger profondément en soi. On peut tout aussi bien y plonger par le contrôle mental. Car lorsque le mental est contrôlé, la respiration devient automatiquement contrôler. Le contrôle de la respiration est recommandé à celui qui ne peut pas contrôler son mental directement. »

 

Ralentir

Certaines espèces de tortues vivent en moyenne 120 ans et peuvent vivre jusqu’à 250 ans. Alors, à quoi bon courir ?

Ci-dessous, pas des tortues, mais d’autres qui ont compris.

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Ralentir est le moyen le plus rapide pour voir sur les côtés…

 

Etre présent

La méditation

La méditation. Encore un sujet compliqué tant il est simple. C’est la simplicité qui nous fait défaut qui nous rend la méditation si abstraite, ésotérique et pourquoi pas dangereuse.

Encore une fois il va s’agir de déconstruire pour saisir, percer pour voir. Continuer la lecture

Autour de l'identité / About Identity

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